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Antoine Roberge
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Artiste visuel
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Antoine Roberge est né à Québec en 1953. Il obtient un baccalauréat en Art visuel de l'Université Laval de Québec en 1979.
Pendant les dix années qui suivirent, sa démarche migre de l'univers sculptural du Land Art - dont la problématique principale était la rencontre Nature/Culture -, vers le dessin de personnages où l'intériorité prend le pas sur le reste. Cette période se solde par une importante série d'œuvres où les personnages évoquent une grande intériorité. Son travail est alors extrêmement épuré.
En 1988, Roberge interrompt abruptement sa création artistique. Il concentre alors ses recherches sur le plan spirituel. Plus tard, il dira que ces deux approches - artistique et spirituelle - sont les deux volets d'une même quête.
Après une absence prolongée, Antoine Roberge reprend son parcours artistique en 2005.
Ma démarche artistique actuelle passe avant tout par le dessin. Au début de 2007, j'ai produit une longue série portant sur le thème de la souffrance (plus de 150 dessins), des œuvres passablement épurées. Je travaille à l'heure actuelle sur des pièces plus complexes autant sur le plan visuel - par l'abondance des éléments plastiques - que sur le discours lui-même.
Outre ma pratique artistique, qui demeure au centre de ma préoccupation, je m'intéresse au discours scientifique actuel ainsi qu'à la spiritualité d'inspiration biblique. Des éléments de ces deux univers se retrouvent donc dans mes œuvres. Je puise dans ces vastes champs de compréhension et de description du Réel. Je n'hésite pas à mélanger ces univers pour étoffer mon discours : symboles chimiques et vitesse de la lumière côtoient croix celtiques et mappemondes. Le leitmotiv de ma démarche est sans aucun doute la figure humaine emblématique, toujours placée bien au centre de mes œuvres.
Lien de Parcourt
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Je m'émerveille souvent face à l'incommensurable complexité de la vie. Nous vivons en cela à une époque exceptionnelle qui la découvre toujours davantage. Et bien sûr, nous, les êtres humains, nous le sommes remarquablement aussi. Je ne crois donc pas que je puisse rendre compte parfaitement et en quelques lignes d'un cheminement spirituel imbriqué avec le reste de ma vie. Je dis cela notamment en ce qu'il m'est difficile aujourd'hui de dissocier mon cheminement artistique de mon cheminement spirituel.
Je crois que la quête de la vérité est probablement la trame la plus profonde en moi. Ces dernières années, le mot RÉEL est revenu très souvent dans mes recherches théologiques.
Au début des années 1980, je plongeais dans l'univers du Nouvel Âge et je m'attardais particulièrement sur les principes du taoïsme, une très ancienne philosophie chinoise qui trouve encore aujourd'hui d'innombrables disciples. Les énoncés du Tao-tö king, écrit fondamental du taoïsme dont le nom signifie Le livre de la Voie et de la Vertu, me fascinaient en ce qu'ils semblaient toucher des absolus. À cette époque, mon atelier était installé à l'étage d'une maison surplombant le méandre d'une majestueuse rivière, au-delà de laquelle s'élevait un entrelacement de collines. J'y regardais défiler les saisons, qui colorant le paysage du blanc au vert tendre, le bleu lointain des collines et la découpe des pins majestueux à leur sommet, le vol des hirondelles du printemps, les couchers de soleil et la brume matinale. Quand je regardais, placide, de l'autre côté de la vitre de l'atelier, une pensée, ou plutôt une parole, montait parfois en moi : " Pourtant, la Vie existe! " Je n'avais pas vraiment l'impression d'être en vie. Comprenez-moi bien : je sentais qu'il y avait quelque chose de plus grand que moi, de plus grand que tout ce que je voyais, que tout ce que les philosophes proposaient à mon intellect. Il y avait quelque chose, je le savais, mais je ne le saisissais pas. Les mois et les années passaient sans que je touche, sans que je saisisse l'essence de la Vie.
Dans cette période, la relation avec ma conjointe allait se dégradant. Notre enfant, notre maison et mon travail d'atelier ne parvenaient pas à me combler. Ma conjointe aussi traversait une période difficile. En fait, plus rien n'allait dans notre vie : notre relation s'en allait se terminant.
C'est ainsi qu'un soir de novembre, à l'époque où les arbres sont dénudés et où le froid pénètre jusqu'aux os les marcheurs intempestifs, l'une de ces soirées où la nuit vient avant son heure, un soir d'orage où les arbres sont agités en tous sens, où la pluie bat contre les fenêtres, l'une de ces nuits un peu plus noires que nature, j'étais seul dans notre modeste salon, tandis que ma conjointe était dans sa pièce de yoga, juste au-dessus de moi. J'étais là, dans la pénombre, seul, profondément seul, mon âme au bord du vide. C'est alors que j'ai dit : " Dieu, si t'existes, fais quelque chose. Tiens, j'te donne les cordeaux de ma vie. " Et faisant comme si je tenais les cordeaux d'un attelage, d'un geste, je les remis à quelqu'un assis à côté de moi.
Quelques minutes plus tard, Danielle, ma conjointe, arriva dans le salon. Se tenant debout, elle me dit : " Je sais qu'on ne se parle plus, mais il faut que j'te dise quelque chose. Je viens de dire à Dieu : "Dieu, si t'existes, fais quelque chose!" "
Subitement, l'amour qui entre nous était mort est revenu à la vie!
Ce fut le premier miracle que Dieu a fait dans notre vie.
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Nous avons trouvé une Bible dans l'une de nos bibliothèques. Ce que nous lisions des évangiles nous stupéfiait. Notre vie a commencé à changer. Au fil des mois, notre regard sur le monde se transformait. Nos amis ne comprenaient pas ce qui nous arrivait; nous non plus à vrai dire. Nous nous disions qu'il devait certainement y avoir d'autres personnes qui vivaient ce que nous expérimentions, mais nous n'en voyions nulle part.
À cette époque, nous n'avions entendu parler que très vaguement des chrétiens évangéliques. Pour nous, les mots " protestant ", " baptiste " ou " pentecôtiste " étaient des termes vagues sans réelle résonance. C'est ainsi qu'à la faveur d'une invitation spontanée de la part de nouveaux amis, eux aussi de la mouvance du Nouvel Âge, nous nous sommes assis pour la première fois dans une modeste église évangélique, à quelque deux cent cinquante km de chez nous. Rien de marquant dans cette matinée, sinon ce qui représentait pour moi une curiosité. Avant le début, disons officiel, du culte, une jeune femme assise à quelque distance de nous priait. Il faut comprendre ici que lorsque je relate ce parcours, je prends nécessairement des raccourcis temporels. Ce n'est que très lentement, au fil de la vie quotidienne que les choses se mirent en place pour nous. Plusieurs mois s'étaient écoulés depuis cette soirée de novembre, et rien d'aussi remarquable ne s'était produit par la suite. Outre notre vie familiale qui s'était rétablie ainsi que mon travail d'atelier qui avait repris, une bonne partie de notre vie était passablement semblable à ce qu'elle avait toujours été. Nous étions loin d'avoir une vie de prière, nous ignorions même que cela puisse exister. Outre le fait de remercier Dieu de temps à autre avant nos repas, nous n'accomplissions rien qui puisse ressembler de près ou de loin à un rite religieux. Je fus donc stupéfait d'entendre cette jeune femme s'adresser directement à Dieu dans les mots de tous les jours. Mais, à vrai dire, ce qui me déroutait, c'était que j'avais l'impression qu'elle avait la conviction que non seulement Dieu entendait ses requêtes, mais qu'il allait y répondre. C'était pour moi des plus étranges. Rien donc de remarquable dans cette matinée. Les chants, le sermon ou autre chose. Rien en particulier, mais tout de même quelque chose. Quelque chose d'impalpable, d'insaisissable : un sentiment étrange, quelque chose ayant trait à ma quête de l'Absolu, de la Vie et de la Vérité. Aujourd'hui, lorsque je me souviens de ces événements, je les juxtapose à cette parole entendue au fond de moi : " Pourtant, la Vie existe! " En cette fin de matinée de juillet, au moment où nous sortions de cette petite église en nous tenant par la main, je dis à Danielle : " Je ne sais pas pour toi, mais moi j'ai trouvé. Je ne sais pas ce que j'ai trouvé, mais j'ai trouvé! "
Je venais de trouver le Corps de Christ, l'Église. J'avais saisi quelque chose dont j'ignorais la réelle substance, mais je savais que je ne le relâcherais jamais.
Quelques semaines plus tard, dans cette même petite église de campagne, à la faveur d'une prédication enflammée portant sur la sainteté de Dieu, je fondis en larmes, comprenant l'indignité de ma vie dissolue. Je reçus alors une nouvelle vie en même temps qu'une nouvelle identité spirituelle, celle de Christ en moi.
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J'associe de près ma recherche sur le plan artistique avec celle que je poursuis sur le plan spirituel.
Peut-être connaissez-vous l'histoire d'un mendiant aveugle, un certain Bartimée, relatée dans les évangiles. Au tumulte que fit la foule à l'arrivé de Jésus dans sa ville, Bartimée comprit de quoi il s'agissait. Il criait, cherchant à se faire voir du prophète, celui qui pouvait lui donner la vue. Il cria si fort que Jésus l'entendit. À son appel, il se leva, laissa tomber son manteau et alla vers le Maître, qui lui ouvrit les yeux. C'est en quelque sorte ce qui se passa pour moi en cet été 1988. Cet été-là, je laissai tomber ma pratique artistique, comme Bartimée laissa tomber son vieux manteau.
Je suis entré comme qui dirait à pieds joints dans l'Église. J'avais une telle soif de spiritualité équilibrée, de vérité avérée (excusez le pléonasme, mais dans le domaine de la recherche spirituelle, il se justifie). Je commençai à étudier la Bible et à servir dans l'Église. D'une chose à l'autre, quelques années plus tard, je reçus un ministère pastoral.
Pour moi, la vie artistique, c'était du passé; quelque chose que j'avais vécu, mais qui ne ferait plus jamais partie de mon quotidien. Comprenez donc ma surprise lorsqu'il y a quelques années, en 2005, l'Esprit me convia à reprendre mon travail artistique. Il dut d'ailleurs insister à quelques reprises sur plusieurs mois avant que j'admette qu'il s'agissait bien d'une invitation de sa part. Peu après avoir repris mon cheminement artistique, je compris que ma démarche artistique de l'époque et mes recherches sur le plan spirituel étaient intimement liées.
Aujourd'hui, ces deux passions m'habitent : l'art et la spiritualité; la création et le Créateur.
Antoine Roberge
Lien de Dém spiritueelle
Lien de Oeuvres papier
Souffrance - 15
Graphite et fusain sur papier
2007
18’’ X 23’’
Pour le Royaume
Graphite, fusain et sanguine sur papier
2007
24’’ X 40’’
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Souffrance - 98
Graphite, fusain et pastel sur papier
2007
40’’ X 55’’
Souffrance à la croix
Graphite, sur papier
2007
18’’ X 24’’
Cherchez premièrement le Royaume
Mixte médiums
2006
20’’ X 24’’
Cherchez premièrement le Royaume
Voici quelques éléments que le web ne peut rendre. Sur cette oeuvre apparaissent les éléments suivants :
Cherchez premièrement le royaume (en grecque, en grecque avec une calligraphie romaine et en français)
299 792,5 (la vitesse de la lumière)
E = MC2
Symétrie de Lorentz
Du sable ramassé au bord de la rivière Saguenay, appelé le " Royaume du Saguenay ".
Des brindilles verge d'or (son nom est aussi un terme qui veut dire " mesure parfaite ".
La calligraphie d'un alphabet créé par Hildegarde de Bingen
Où es-tu ?
Mixte médiums
2007
32’’ X 19’’
De la vie à la mort
Fusain, gouache sur papier
2006
19’’ X 25’’
ACGT fontaine de vie
Multi médiums
2008
38’’ X 17’’
Du commencement à aujourd’hui
Triptique, mixte médiums
2008
38’’ X 55’’
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Lien de Photos
Triptique
Bientôt
Otez le voil
Lien de Poésie
IL EST UN VOILE SUR MON ÂME
Il est un voile sur mon âme.
Il s'enroule autour d'elle.
À chaque tour qu'il fait,
Il m'enserre un peu plus ;
Pressant mes gestes
Filtrant la lumière.
Il est un voile autour de mon âme.
Il s'y enroule tout autour
Tout doucement, sans exigence.
C'est un vent changeant qui l'agite
Il n'est pas comme un tourbillon,
Il aurait trop peur d'être découvert.
Il souffle dans le paysage
Comme les quatre vents
Mais plus délicat qu'eux.
Il ne se ferait pas reconnaître
Il est semblable à la rose des vents
Doublant la quadrature à chaque tour.
Je l'ai reconnu avant qu'il ne paraisse
Comme le cercle
Je l'ai découvert et je l'ai dénoncé.
Maudit soit-il, ce vent de ténèbres
Qui voulait transformer le voile en linceul.
J'ai voulu crier, mais il me bâillonnait ;
Alors j'ai gémi
Mon murmure le frappa,
Et son écho plongea dans l'infinité
À l'intérieur de mon être.
Oh Sublime,
Fait jaillir l'Étincelle;
Prononce,
Et une nouvelle époque naîtra
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